samedi, 07 octobre 2006
Mica
Il faut 100 ans pour s’en débarrasser; certains scientifiques sont moins optimistes. Ils parlent de 300 à 400 ans avant que la nature ne digère les indigestes sacs de plastique, les fameux «mica» noirs ou leurs cousins, les «mica» blancs.
Tout le monde s’en sert parce qu’ils sont apparemment économiques. Apparemment seulement, puisque dans 100 ans ou même 300 ans, celui qu’on a jeté hier sera encore dans la nature, en train de «fleurir» les belles contrées marocaines.
Ils sont si embêtants, ces sacs en plastique, que lorsqu’un voyage officiel s’annonce, les responsables locaux envoient les enfants des écoles les ramasser dans les champs: il ne faut pas que le Souverain ou ses invités les voient. Et si, au lieu de se livrer à ce stupide camouflage, on décidait une fois pour toutes d’en interdire la fabrication?
Nul besoin d’être brutal. Rien n’empêche d’organiser progressivement leur disparition et leur remplacement par des sacs en papier, en coton ou en sisal… Bien sûr, le Maroc n’est pas en avance pour la biotechnologie, mais avant d’imposer des sacs tirés du maïs ou des pommes de terre, il y a de la marge. Trop chères, les solutions de remplacement? Pas sûr. Papier, coton, sisal… non seulement sont réutilisables mais, en plus, ils sont mieux que la plupart des «mica», capables de porter les publicités de manière à en abaisser le coût. Et puis, soyons réalistes: qu’est-ce qui coûte le plus cher? Ramasser un par un ces horribles sacs qui polluent notre environnement et le pollueront pendant les 300 prochaines années ou bien, pour quelques centimes, changer d’habitudes et régler une fois pour toutes cette question? Nul besoin d’être devin pour répondre.
Reste le passage à l’acte qui, lui aussi, est simple, sans histoire: même les fabricants des «mica» n’aiment pas ce qu’ils font. Mais il faut un cadre légal pour que tous soient à la même enseigne et que la disparition des «mica» devienne effective.
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samedi, 05 août 2006
C'est bon à savoir!
Décidément, les jeunes Marocains ne cessent de nous étonner. La dernière étude statistique que le Haut commissariat au plan (HCP) leur a consacré, porte sur leur “perception du Maroc en 2030”*. Et avant tout, sur leur perception d’eux-mêmes, dans ce Maroc de 2030.
Première surprise: seules 1,3% des jeunes femmes interrogées se voient femmes au foyer.
Que l’écrasante majorité des sondés des deux sexes se voient, en 2030, cadres supérieurs (74%, contre 23% de cadres moyens et 1% d’ouvriers), ce n’est pas étonnant, ça prouve qu’ils ont de l’ambition. Ce qui est étonnant, et même inquiétant, c’est qu’à peine 0,7% s’imaginent exploitants agricoles. Pire : sur ceux dont le père est lui-même exploitant agricole, seuls 2% souhaitent le devenir à leur tour. L’exode rural est considéré comme un problème ? Préparons-nous à le considérer comme un drame. Surtout pour une nation qui continue à clamer sa “vocation agricole”. Apparemment, elle ne fait rien pour susciter la même vocation chez les jeunes. Mutation sociale radicale en perspective…
Autre surprise : le taux de ceux qui rêvent d’émigrer. On pouvait s’attendre au pire, mais il n’est, finalement, que de 36%. Le HCP présente cela comme une grande victoire. Il ne devrait peut-être pas. D’abord, 36%, ça fait plus du tiers, ce qui est déjà énorme. Mais le plus alarmant, c’est que ce taux grimpe à 44% quand la question est posée aux enfants de cadres supérieurs. La mobilité sociale étant ce qu’elle est au Maroc (c'est-à-dire très faible), les enfants de l’élite d’aujourd’hui forment (à très peu de chose près) l’élite de demain. Qu’un peu moins de la moitié de cette future élite rêve de quitter le Maroc fait froid dans le dos. Surtout que la politique “d’immigration choisie”, qui commence à se généraliser en Europe, prévoit de leur ouvrir grand les bras. On parlait de fuite des cerveaux ? La voilà maintenant chiffrée. Enfin, il a été demandé à tous ces jeunes d’imaginer, sous la forme d’un titre d’actualité dans les médias, l’évènement principal qui retiendrait leur attention, un jour de 2030. Le premier thème qui les intéresse – il a été évoqué par 29% d’entre eux – est la société. Et sur ces 29%, plus des quatre cinquièmes ont abordé un chantier dont Mohammed VI a fait son cheval de bataille : le développement humain. La majorité de nos jeunes rêvent donc que, d’ici 2030, aient été éradiqués au Maroc : (dans l’ordre) l’analphabétisme, le chômage, l’habitat insalubre et la pauvreté. On savait que notre roi s’était fixé un formidable défi. On sait maintenant que nos jeunes le prennent au mot. Prions de toutes nos forces pour que leur espoir soit satisfait. Et sur cette note d’optimisme, bonnes vacances !
* l’enquête a été réalisée sur un échantillon de 1271 bacheliers et bachelières, répartis à travers toutes les villes du pays (le monde rural n’était forcément pas concerné, puisqu’aucune école n’y va jusqu’au bac)
19:58 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, Saint Quentin, Lille
dimanche, 16 juillet 2006
Dans ce pays,le Maroc, on confond programme politique et catalogue de vœux pieux
Un taux de croissance stable de 8%. Tel est l’objectif annoncé cette semaine dans une interview par Lahcen Daoudi, l’économiste en chef du PJD, en cas d’arrivée de son parti au pouvoir en 2007. Mais comment M. Daoudi a-t-il calculé ce chiffre ? Comment cet homme, qui a de sérieuses chances d’être notre prochain ministre des Finances, compte-t-il procéder pour réaliser une aussi bonne performance, sachant que la croissance du PIB a été de 1,8% entre 1991 et 1999 etde 4% entre 1999 et 2003, et sachant que, selon qu’il pleuve ou non, notre taux de croissance peut faire un bond (ou une chute) de 10 points d’une année à l’autre ? Invité à détailler sa “recette” par l’interviewer (de L’Economiste), le leader islamiste imberbe s’est immédiatement replongé dans les généralités oiseuses qui sont le propre de la classe politique marocaine : “Nous allons mettre à plat l’existant et procéder de manière méthodologique”, “pour combattre le fléau du chômage, il faut intervenir à la racine”, etc.
Fausse alerte, donc. Jusqu’à preuve du contraire, les partis politiques marocains n’ont pas encore compris en quoi consiste, au juste, un programme politique. Aux dernières législatives, en 2002, ils avaient tous (ou presque) publié sur leur site web ce qu’ils avaient appelé des “programmes”. Je les avais compilés, à l’époque et je conserve toujours le fichier dans mon disque dur. Croyez-le ou pas, sur une cinquantaine de pages, il n’y avait pas une seule fois le mot “dirham” !! Quant au signe “%”, il était présent en tout et pour tout trois fois, et dans le seul programme du MP. Ce parti s’était en effet fixé pour objectif de “baisser le taux de chômage à 10%, accroître le taux d’investissement à 30% et réaliser un taux d’épargne publique à 28%”. Fort bien, mais comment ? Silence et flou artistique…
En 2002, en guise de programmes, les partis avaient compilé des séries de phrases qui commençaient par “lutter contre” (le chômage, l’analphabétisme…), “réformer” (l’Etat, l’enseignement, l’administration, la justice…), ou encore le classique “promouvoir” (l’investissement, l’emploi, l’artisanat), etc. Des verbes à l’infinitif, voilà l’essence de ce que nos politiciens appellent un programme. Pour aller au bout de leur logique, il eût été judicieux d’ajouter “y a qu’à” avant chacun de ces verbes : “y a qu’à réformer”, “ y a qu’à promouvoir”, etc. En clair, les textes qu’on appelle programmes politiques, dans ce pays, ne sont que des catalogues de vœux pieux. A chaque ligne, on a envie de hurler “mais comment tu vas faire ça, bon Dieu ??!!!”.
En Angleterre, dès qu’un parti passe à l’opposition, il s’empresse de former un “shadow cabinet”, ou gouvernement de l’ombre. Il nomme ainsi un shadow ministre des Finances, un shadow ministre de l’Industrie, etc., jusqu’à reconstituer un gouvernement virtuel complet. Objectif : se tenir au courant, en permanence, de l’évolution chiffrée de chaque secteur. Et ce, dans l’objectif d’élaborer, en permanence là aussi, un programme politique alternatif. Un vrai programme politique, soit une série de buts chiffrés et une série de moyens, non moins chiffrés, pour atteindre ces buts. Dans les démocraties européennes, les débats politiques ne se focalisent pas sur les buts nominaux, puisqu’ils sont – naturellement – les mêmes pour tout le monde (c’est évident : personne n’est contre l’emploi ou l’investissement…). Les débats se focalisent plutôt sur les moyens : “tel parti dit qu’il parviendra à tel but (chiffré et daté) de telle manière (chiffrée et séquencée) ; eh bien nous, nous disons (chiffres à l’appui) que cette manière-là est mauvaise, et voici (chiffres, dates et séquences à l’appui) la manière que nous proposons et pourquoi (comparaison chiffrée et datée à l’appui) elle est meilleure”.
Et au Maroc ? Billevesées et généralités à tous les étages… Enfin, jusqu’à présent. Une année pleine nous sépare des législatives et les partis sont encore en train de “peaufiner” leur programme – disent-ils. On verra bien…
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samedi, 01 juillet 2006
La première école marocaine
On est à la première séance de la première classe de la première école marocaine. Que de superlatifs ! n’est-ce pas? c’est que nous
sommes en 1912 et que le Protectorat Français en a décidé ainsi, une école en pleine campagne quelque part chez les Ouled Hriz.
L’instituteur fait connaissance avec les quelques élèves alors présents. Une fille et deux garçons. Il amorce sa séance inaugurale à peu près ainsi :
-Mes enfants ! voilà : je suis ici pour vous former à la française. Vous devez savoir que vous êtes chanceux que de pouvoir être les premiers marocains à enter dans une école, une vraie école. Vous serez, dans la foulée, les premiers aussi à user des plumes sergent-major à la place de ces primitifs bouts de roseau qui vous ont causé des callosités à la main, vous serez les premiers à troquer vos fourchettes d’Adam contre de vraies fourchettes, en acier celles-là et grâce à la France, vous passerez du même coup de la civilisation du crottin à celle, universelle, de l’électricité… en attendant, mes enfants présentez-vous que je fasse votre connaissance.
-tu t’appelles comment ma fille?
- Daouia.
Comment? Daouyeaa? mais c’est rébarbatif comme prénom !!! A commencer de maintenant tu t’appelleras Laeticia et c’est l’équivalent français pour ton prénom arabe. tu t’appelles comment? Ma fille …
-Laeticia.
-Bien ! ma fille
Et toi mon fils ? quel est le tiens?
-Zitouni
-Comment? Zitouni? quel prénom !! tu t’appelles décidément : Olivier. D’accord?
-Oui monsieur. Je m’appelle Olivier.
Et toi?
-Je m'appelle El Maâti
Comment? Non .... voyons, tu t’appelleras Dieudonné.
Oui monsieur. Dieudonné...
- C’est tout pour aujourd’hui. Voilà des bonbons pour vous tous ! revenez demain à 8 heures?Laeticia, Olivier, Dieudonné ... soyez sages !
Les trois enfants rentrèrent chez eux, les poches pleines de bonbons. Le lendemain, ils ont eu tous droit à une bonne raclée. Aucun d’eux ne répondait quand on l’appelait par son vrai prénom. Comme on était à Ouled Hriz et que jean Piaget n’avait pas encore écrit sa “Représentation du monde chez l’enfant”, ils eurent tous une correction comme seuls les Marocains sachent en administrer à leur engeance : qui a eu les yeux gonflés, qui a eu une dent en moins... je ne vous raconte pas.
Ahuri à leur vue, l’instit leur cria : Qui vous a fait cela? Mes enfants ...
-Les Arabes! notre père.... les Araaaabes!!! répondirent les enfants....
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lundi, 05 juin 2006
Et oui y avait Les années Formule 1 au Maroc
Au début de l'indépendance, en 1958 précisément, Casablanca a connu son heure de gloire en matière de course automobile. A la Corniche, un circuit a abrité un grand prix de Formule 1. Les plus grands champions de l'époque étaient au départ.
Une foule en délire. Des gradins pleins à craquer. Des bolides assourdissants. Du bruit à n'en plus finir. Un directeur de course à la tenue rayée donnant le feu vert à des pilotes mondialement connus et insouciants, des techniciens nerveux au bord de l'arrêt cardiaque, des crissements de pneu, des chicanes, des paddocks… Tenez-vous bien,
nous ne sommes pas à Magny-Cours, Monza, Imola, ou Indianapolis, mais bien à Aïn Diab en…1958. Très peu de Marocains le savent mais oui, le Maroc a eu son Grand prix de Formule 1 devenant ainsi, le temps d'un week end, la capitale mondiale du sport automobile. “Et du sport tout court“ s'accordent à dire les rares témoins de l'époque, précisant que “le titre de champion du monde s'est disputé chez nous et a été incontestablement l'un des événements majeurs de l'année”.

1958 correspond aux premiers pas du Maroc indépendant. Le pays qui s'efforce de se rebâtir, veut également marquer sa présence dans le concert des nations. Et l'organisation d'un grand prix de Formule 1 a pour but d'y contribuer. Max Cohen Olivar, “Monsieur Sport automobile” au Maroc semble du même avis. “Qu'un pays nouvellement indépendant organise un événement de renommée mondiale le fait appartenir à la communauté internationale”. Mohammed El Zizi, organisateur de l'époque, voit en cette épreuve un service rendu au prestige du Maroc mais également “le plus remarquable outil de propagande touristique que l'on puisse imaginer”. 1958 est également une année pas comme les autres dans l'histoire de la Formule 1 : pour diminuer les performances des voitures, on utilise un nouveau carburant. La durée des grands prix est ramenée de trois à deux heures et l'échange des voitures est prohibé. Le journaliste Pierre Ménard parle lui “d'une saison qui restera dans les annales comme l'une des plus palpitantes mais également comme l'une des plus noires auxquelles il fut donné d'assister”. Elle est palpitante pour la lutte acharnée que se livrent pour le titre depuis le début de la saison deux des pilotes les plus doués de leur génération : Stirling Moss et Mike Hawthorn. Elle est aussi dramatique pour les morts qu'elle a causées. Trois grands pilotes dans la fleur de l'âge ont trouvé la mort cette année-là.
Casablanca voit affluer du jour au lendemain l'univers de la Formule 1 avec tout ce que cela comporte. A commencer par les participants à l'épreuve : les plus grands pilotes et constructeurs du moment ont répondu présent. Les médias : on parle de 200 journalistes, photographes et reporters de télévision. En plus des aficionados, surtout britanniques venus en masse, toute la Jet Set européenne et même new yorkaise s'est donné rendez- vous sur le circuit naturel de Aïn Diab. Ce même circuit, qu'on juge extrêmement rapide, sans grandes difficultés techniques mais dangereux quand même, surtout au coucher du soleil. (L'année précédente, les organisateurs, afin de le tester, y ont même organisé un grand prix hors championnat, mais les grands ténors de la discipline, atteints à ce moment-là du virus de la grippe asiatique, ont dû rester au lit.) Au jour J , en cette année 1958, l'ambiance est à son comble. La température agréable est accompagnée d'un air marin venu de l'Atlantique voisin. Le public qu'on estime à 100.000 personnes, ce qui est en soit une belle performance pour les organisateurs, est surexcité.
09:30 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : maroc
jeudi, 06 avril 2006
LA HONTE: un marocain passé à tabac
Des membres de la police italienne ont été pris en flagrant délit de passage à tabac d'un jeune Marocain près de Bologne. Une vidéo de la scène, diffusée sur Internet, suscite une indignation générale. Amnesty demande enquête et poursuites.
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mardi, 28 mars 2006
Bunker de Staline : des marocains sur le front
Le vent du capitalisme a soufflé sur toutes les strates de la société russe. Y compris le bunker de Staline à Moscou transformé en lieu de détente. Choses vues.

"Staline, réveille-toi ! ils sont devenus fous", s’est écrié, la voix nouée par l’émotion, Tariq Kabbage maire socialiste d’Agadir lorsqu’il a appris que le bunker de Joseph Staline (1879-1953) visité par des membres de la délégation marocaine qui a participé au Mitt 2006 (Salon du tourisme), est devenu autre chose qu’un musée dédié à sa mémoire. Un lieu de détente ouvert pour des soirées privées à des groupes touristiques étrangers triés sur le volet. Tout autour du souterrain, situé dans un quartier reculé de la capitale, une escouade d’agents de sécurité bien baraqués monte la garde.
Ironie du sort, le capitalisme, que Staline le communiste a passé sa vie à combattre, est passé aussi par là!
Ainsi en ont décidé, il y a trois ans, les autorités russes qui l’ont donné officiellement en concession à une société à capitaux arabes. En fait, la pompe à fric se trouve essentiellement dans un complexe commercial attenant au bunker composé de près de 4.000 boutiques louées entre 8.000 et 9.000 Dollars US par mois.
Décorés par S.M le Roi Mohammed VI lors de sa visite en Russie en 2002, deux jeunes ressortissants marocains de Khénifra, les frères Rachid et Karim Elaarabi (le premier exhibe une carte de visite de président de Dar Al Maghrib à Moscou), installés depuis plus d’une décennie en Russie, se disent associés dans ce projet dont ils parlent avec une fierté à peine dissimulée. Majestueux, l’endroit est effectivement chargé d’histoire surtout qu’une partie des objets et effets personnels de celui qui fut surnommé le “petit père des peuples“ est toujours exposée au regard du visiteur : portraits, jumelles, uniformes… Le bureau de Staline en bois massif où sont posés sa pipe et ses trois appareils téléphoniques noirs de l’époque. Dans un coin bien éclairé, trône sa statue de couleur blanche immaculée et presque au milieu de la salle le jeu de stratégie préféré de l’ex-maître des céans : le Mom que l’on joue à quatre. Construit sur une superficie de 146.000 m2 entre 1934 et 1939, composé d’autres dépendances dont une multitude de chambres, un sauna, une piscine et un passage souterrain qui mène directement au Kremlin, le bunker abrita également une véritable artillerie de guerre constituée de 150 tanks.“C’est cette grande force de dissuasion, capable de se déployer en plein centre de Moscou en moins de trois minutes, qui permit de repousser l’armée nazie, qui envahit Moscou en 1941, au-delà des frontières de la capitale“, explique fièrement une guide russe.
Habillés comme des jet-setteurs, droits dans leurs bottes, les deux frères Elaarabi sont comme un poisson dans l’eau aussi bien dans “leur“ forteresse qu’à Moscou. Le cadet, Karim, fait état de la bagatelle de 55 millions de Dollars comme prix de concession de l’ancien quartier général de Staline qui appartient toujours au ministère de la Défense russe. Plus impressionnant encore dans ce décor ex-communiste, la salle de réunion de Staline et de ses proches collaborateurs dont certaines parties ont subi quelques réaménagements pour la mettre dans l’esprit de l’époque actuelle.
Témoin de la culture du secret érigée en obsession par Staline, une espèce de cercle bien détaché au milieu de la salle autour duquel se réunissent en position debout Staline et son équipe. Ce cercle produit une résonance qui a ceci d’ingénieux qu’il ne permet pas à ceux qui sont au-delà du premier cercle de capter ne serait-ce qu’une bribe des paroles de Staline. Vestige d’une époque révolue, le drapeau de l’ex-URSS est encore visible dans un coin. Plus loin, deux statues, l’une montrant un homme russe enlaçant affectueusement une femme et l’autre deux militaires en train de discuter. Si Staline savait…
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vendredi, 24 mars 2006
« Majesté, je dois beaucoup à votre père... »
La promesse du parrain
« Majesté, je dois beaucoup à votre père et, si vous le souhaitez, tout ce qu'il m'a donné, je m'efforcerai de vous le rendre ». (...) Nous étions le dimanche 25 juillet 1999 au palais royal de Rabat, et le Maroc se préparait à enterrer Hassan II, décédé après trente-huit ans de règne absolu. (…) Maintenant, Mohammed VI savait pouvoir compter sur le président français. Jacques Chirac avait une dette à l'égard de son père. Il allait l'honorer en servant le fils. Ce que le jeune monarque ignorait, c'est que onze jours auparavant, à Paris où il était l'invité d'honneur aux cérémonies du 14 juillet, un Hassan II sentant approcher la mort avait confié à Chirac et ses enfants et son royaume. (...) Au cours d'un bref échange empreint d'émotion, il lui avait recommandé de veiller sur ses fils et filles, d'être le père qu'il ne serait plus, et d'aider le futur Mohammed VI dans son métier de roi lorsqu'il aurait quitté ce monde. Le président s'était engagé. « Majesté… Tout ce qu'il m'a donné, je m'efforcerai de vous le rendre. « La phrase n'était pas vraiment une surprise pour Mohammed VI. Plutôt la confirmation d'une promesse secrète. Quelques mois auparavant, alors qu'enflaient les rumeurs sur la mauvaise santé de Hassan II, le président Chirac avait en effet fait transmettre dans la plus grande discrétion par un proche du prince héritier un message écrit l'assurant que, lorsqu'il serait amené à monter sur le trône chérifien, la France serait son partenaire le plus ferme et lui, le président, son allié des bons et des mauvais jours ». (...)
Abdelfetah Frej, le caissier congédié
Un homme, un seul, eût été à même d'éclaircir le mystère : Abdelfetah Frej. Installé en Allemagne à l'abri du besoin pour avoir été longtemps le chef du secrétariat particulier de Hassan II, l'homme remâchait sa rancune à l'encontre de Mohammed VI qui l'avait congédié dans des conditions humiliantes. Frej, c'était le comptable du roi. Pas l'expert financier, mais le caissier. L'interlocuteur des banques françaises, britanniques, suisses ou espagnoles où Hassan II avait ouvert un compte. Celui qui, chaque année, présentait au monarque un document de quelques dizaines de feuillets : le bilan du patrimoine personnel du roi. Abdelfetah Frej savait tout, mais il ne voulait pas parler. "Pas encore", confiait-il à ses rares visiteurs. Dommage. Il est décédé en décembre 2005, emportant probablement avec lui les secrets du palais. (…) Entre Hassan II, le monarque chérifien hautain et calculateur, pro-occidental mais imprégné de culture arabe, et le gaulliste excité qui rêve de conquérir l'Elysée, quel est celui qui a le plus influencé l'autre ? Jacques Chirac a donné la réponse. Invité lors d'un colloque à évoquer la mémoire de son mentor, peu après la disparition du roi, il fait délivrer un message de reconnaissance par son représentant, l'ancien ambassadeur Michel de Bonnecorse : « Je dois (à Hassan II) une sorte d'initiation aux complexités et aux valeurs du monde arabe et musulman. Je lui dois des analyses visionnaires sur les drames mais aussi sur les chances de paix au Proche-Orient. Je lui dois une plus claire conscience des enjeux internationaux, du rôle de l'Europe en Méditerranée mais aussi ce que le monde attend de la France ». En revanche, jamais Hassan II n'a évoqué devant un tiers une quelconque dette à l'égard du président français. Il était exclu que le Commandeur des croyants se place en position de demandeur. (…)
Source: résumé par mes soins du livre : France-Maroc, une affaire de famille chez Albin Michel
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samedi, 04 février 2006
Et si le Maroc n'était pas en transition ?
Une étude de Human Rights Watch dissèque les six années de règne de Mohammed VI sous l'angle de la liberté d'expression. Objectivement, l'état marocain n'ira nulle part. Il se contente d'être semi autoritaire. Faut-il se faire une raison ?
En six ans, reconnaissent les auteurs de l'étude, le chemin parcouru est énorme : des tabous ont été brisés par le gouvernement lui-même, le débat sur le Sahara s'est allégrement libéralisé, l'islamisme s'est institutionnalisé, la presse indépendante est en éclosion et la société civile en expansion. En face, la monarchie est toujours sanctifiée, des Sahraouis sont indûment détenus, des islamistes ont été injustement arrêtés et dès qu'on a jugé un journaliste trop enclin à dépasser "les fameuses lignes rouges", il a été emprisonné voire mis au ban de la société (le cas Lmrabet).

La volonté de la Dar al Mulk (Palais royal) de freiner les élans de désacralisation apparaît d'abord via la presse. Tout en observant une plus grande libéralité dans le ton des journalistes, l'étude rappelle que le roi Mohammed VI avait dès 2001 dit que "les journalistes n'étaient pas des anges non plus". Plus tard, les interdictions du Journal avaient un rapport, direct ou indirect, avec ce que la monarchie considère comme indicible ; la mise à mort professionnelle de
Lmrabet s'est faite suite à une plainte déposée par un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, Mohamed El Khar ; Mustapha Alaoui a dû ses déboires au fait d'avoir relayé une lettre mettant en doute la thèse officielle sur le 16 mai ; enfin, l'enquête, très inspirée, d'Al Jarida Al Oukhra sur Lalla Selma, lui a valu une lettre de réprimande de la chancellerie royale. Mis côte à côte, ces agissements ne sont pas uniquement des lapsus révélateurs, mais des indicateurs d'une "peur au sein du système que les libertés dérapent". Cette crainte est relayée, structurellement, note l'étude, par l'actuelle loi qui contribue à "criminaliser la presse au lieu de la protéger".
Les islamistes, non plus, ne se sentent pas protégés dans la pratique de leur liberté d'expression. Le site d'Abdeslam Yassine censuré au lendemain de l'envoi de son mémorandum au "roi des pauvres" ; les tergiversations dans les coulisses des élections de septembre 2002, de peur que la vox populi ne profite largement au PJD ; la mise sous verrou d'islamistes qui se déclarent "pacifistes" ; la mise à profit du 16 mai 2003 pour "cadenasser" davantage le système ; "la construction par le roi de nombreuses mosquées, au lieu d'écoles", tout cela, estiment les enquêteurs, montre l'attitude ambivalente qu'observe la monarchie à l'égard de cette catégorie d'acteurs politiques. Il est clair, reconnaît l'étude, que "ces mêmes islamistes ne rassurent pas quant à leur disponibilité à préserver les mêmes libertés accordées aujourd'hui". Mais est-ce une raison pour se contenter de peu ?
La question est d'autant plus légitime que les arrestations, grotesques, de simples citoyens, pour "outrage au roi" à Oujda, ou pour "satanisme" à Casa, quand ce n'est pas pour un simple sit-in (dirigeants de l'AMDH, en 2003) permettent de "rappeler aux citoyens, qu'ils sont avant tout des sujets de Dar Al Mulk". Suite à ces actes divers, la relâche ou la grâce ne tarde pas. Manière de montrer que l'espoir est toujours permis. Ceci dit, la récurrence de ces réactions endémiques, montre aussi, selon l'étude, que "la tolérance des dirigeants décline" et que "la violence change de forme. Avant, elle était à 90% physique et 10% morale. Aujourd'hui, la tendance s'inverse". On n'est donc pas sortis de l'auberge.
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lundi, 23 janvier 2006
Marrakech
19:08 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc



