dimanche, 08 juillet 2007

c'est pour quand l'égalité ...

Salah est vendeur ambulant. Sa spécialité : jus d’orange le matin dans les quartiers d’affaires, sandwichs “fromage - œufs durs - huile d’olive” l’après-midi et “babbouche” le soir à la sortie des boîtes glauques. Une véritable petite PME, qui lui laisse de quoi vivre décemment au Hay Moulay Biîd où il s’est payé une piaule grâce au miracle Fogarim. Dans ce magazine chic, qui lui sert de papier d’emballage, Salah tombe sur un article qui l’interpelle. Le gouvernement vient de lancer un ambitieux programme (Rawaj) pour le développement du commerce intérieur. L’Etat voudrait investir 12 milliards de dirhams pour tripler le chiffre d’affaires du secteur d’ici 2020. Salah est enthousiaste : il va amortir rapidement la deuxième “carroussa” qu’il vient d’acheter. Et si ça ne tenait qu’à lui, il aurait développé toute une franchise de restauration ambulante qu’il baptiserait Mc Salah. “Oumalha ! Mes sandwichs sont aussi bons que ceux de Chez Paul”, argumente le chef Salah. Mais il déchante rapidement quand il constate que ce programme étatique ne tient presque pas compte du commerce informel. “Zaâma quoi ! Sans magasins, il n’y a pas de Rawaj ? Pourtant, il y a plus de clients à Derb Ghallef qu’à Marjane”, peste Salah. Il ne comprend pas comment sa branche n’est pas intégrée dans le commerce de proximité. Surtout pour quelqu’un qui a su révolutionner la livraison à domicile : un simple bip sur son portable et c’est tout son resto qui se déplace jusque chez ses clients. Pour Salah, Rawaj est déjà un mirage. Il s’accroche à un dernier espoir : l’attribution de nouveaux chariots isothermes dans le cadre de l’INDH. Ce serait déjà ça…

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