mercredi, 28 juin 2006
le collège Royal
Le Collège royal a été créé, en 1942, par le sultan pour ses deux fils, Moulay Hassan (le futur Hassan II) et son frère cadet Moulay Abdallah (le père du Moulay Hicham). L'aîné entrait alors en 6e, le plus jeune au cours préparatoire. L'idée était de leur donner une éducation moderne, dans un établissement qui garde un caractère collectif, à l'intérieur de l'enceinte du mechouar. Deux classes furent donc créées et une dizaine d' «élèves d'élite» recrutés pour chacune. La tradition sera perpétuée par Hassan II, dont tous les enfants seront à leur tour scolarisés au Collège royal. Les camarades de Sidi Mohammed, qui l'accompagneront de la 6e au baccalauréat et, pour certains d'entre eux, à l'université, sont onze: quatre fils de notables et sept jeunes gens «méritants», choisis parmi les meilleurs élèves du pays, tous issus d'une région différente du royaume. Ils ont été élevés avec le roi, ils ont souvent fait les mêmes études universitaires que lui, puis débuté leur carrière professionnelle dans les dernières années du règne de Hassan II, le plus souvent au service de l'Etat.
Le ministre délégué à l'Intérieur, Fouad Ali el-Himma,est sans doute, entre tous, celui qui a aujourd'hui le plus de pouvoir. Bien plus en tout cas que ne le laisse supposer son titre! Ce proche parmi les proches - il fut le directeur de cabinet de Mohammed VI lorsque ce dernier était prince héritier - gère les dossiers les plus sensibles, notamment les questions sécuritaires et celles liées à l'organisation du champ politique. On dit de lui qu'il est l' «œil du palais» et qu'il a l' «oreille du roi». C'est un homme de l'ombre et un homme de réseaux qui a su tisser sa toile avec le souci de renouveler les élites, de promouvoir des hommes de la génération du souverain (lire ci-dessous). Discret, presque effacé, il n'a donné sa première interview - au quotidien Al Ahdath Al-Maghribiya - qu'au mois d'août dernier.
D'autres anciens élèves du Collège royal sont restés très proches du roi: Rochdi Chraïbi, considéré aujourd'hui comme l'un des principaux hommes de confiance du souverain - son influence aurait été décisive, selon une partie de la presse marocaine, dans le mouvement préfectoral du mois de juin; Mohamed Yassine Mansouri, un juriste devenu en février dernier, à 43 ans, le patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), les services de renseignement extérieur du Maroc, aujourd'hui perçu comme l'étoile montante du régime; Hassan Aourid, nommé wali (préfet) de la région de Meknès-Tafilalet, le 22 juin, après avoir été le porte-parole du souverain; Noureddine Bensouda, qui occupe le poste clef de directeur général des impôts; Fadel Benyaich, le plus discret d'entre eux, membre du cabinet royal, où il est notamment chargé des relations du royaume avec l'Espagne, sans doute parce qu'il est de mère espagnole.
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