vendredi, 21 avril 2006
Zakaria Boualem découvre la Tunisie… et plus le temps passe, plus il aime son pays le MAROC.
En une semaine de Tunisie intensive, Zakaria Boualem est passé par plusieurs phases que l’on peut sans la moindre hésitation schématiser
comme suit :
Phase 1 : le ravissement
Ca n’a pas duré très longtemps mais il est incontestable qu’en se promenant dans la ville de Tunis, notre homme a été frappé de constater un certain nombre d’éléments qui font la publicité du “modèle tunisien”. En vrac, les rues sont plus propres, plus mixtes aussi, les voitures sont plus neuves, les mendiants plus discrets, les dragueurs aussi. Les grands taxis tunisiens sont des minibus, ne s’arrêtent qu’aux stations, affichent leur prix et paient l’autoroute. Il faudrait être de mauvaise foi pour le nier : le Tunisien de la rue, globalement, a l’aird’avoir moins de problèmes que son homologue marocain pour achever de payer son crédit “haouli 2001”, surtout depuis qu’il s’est cumulé avec son frère jumeau “haouli 2002” et toute sa descendance (dont je vous laisse deviner les petits noms).
Phase 2 : le malaise
Comment vous expliquer ? ça commence avec des petits détails. Un taximan désagréable, puis deux, puis tous. Le réceptionniste de l’hôtel qui désire savoir exactement ce que vous êtes venu faire en Tunisie. Cette équipe de moustachus costumés qui, dans le hall, vous dévisagent lourdement. Ce type qui surveille l’ascenseur sans jamais répondre aux “bonjour” des clients. Cette impression très nette que non seulement on vous surveille, mais qu’en plus on veut que vous en soyez conscients. Cette morosité généralisée. Cette presse unanime, monolithique, qui continue encore de refuser de relayer la moindre mauvaise nouvelle si elle concerne un service public… Si Le Matin du Sahara était tunisien, il serait sans doute considéré comme dangereusement subversif, presque punk en fait. Cette difficulté à rencontrer une identité tunisienne véritable. De la musique tunisienne ? Une cuisine locale ? Des vêtements traditionnels ? Rare, très rare… Zakaria Boualem a l’impression de se balader dans un pays maghrébin de contrefaçon.
Phase 3 : l’amour du pays
Plus le temps passe, plus Zakaria Boualem aime son pays. Coincé dans un hôtel furieusement années 80 pompeusement qualifié de 5 étoiles, il déprime en Tunisie. Oui, il y a un bien-être social mais naaaaaaaari, ça donne vraiment pas envie. Ce qui lui semble insupportable, c’est cette théorie qui explique que le bien-être social est justement dû à l’aspect sécuritaire du système. Que tant qu’on bouffe correctement, il faut s’estimer heureux et ne pas trop l’ouvrir. C’est une théorie largement partagée, surtout chez ceux qui n’habitent pas en Tunisie. Pour Zakaria Boualem, le droit d’ouvrir sa gueule est unique et indivisible : il peut être exercé pour manger ou pour grogner après le système. C’est un même bloc. Dans l’avion du retour, Zakaria Boualem se dit qu’il aura bien du mal à convaincre ses potes que le Maroc, côté démocratie, est en avance sur au moins un pays dans le monde. Habitué à gémir, à revendiquer, il n’aurait jamais pensé en arriver à une situation aussi surprenante que celle d’attendre avec impatience de se retrouver… face à un douanier marocain.
Zakaria Boualem est un Journaliste de la revue TELQUEL Maroc.
17:45 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Maroc et Maghreb



Commentaires
Pourquoi, cette haine de la tunisie?
Ecrit par : Ali | mardi, 25 avril 2006
bonjour,
C'est pas dans mes habitudes de répondre à des commentaires.
mais sâches mon chèr ami ALI que je ne déteste pas la Tunisie, loin de là, moi je rêve d'une Union Magrébine, et une ouverture des frontières et des marchés, voir même une Monaie unique, à l'exemple de l'europe, qui a malgré les geurres passés, a su créer une Union.
Mais pour te répondre, cet article décris la réalité Tunisienne ( Europeen Bien venue, magrébin attention on te surveille)
Je trouve que c'est dommage.
merci de ta visite et à la prochaine.
Ecrit par : Mohcine | mardi, 25 avril 2006
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