mardi, 28 mars 2006
Bunker de Staline : des marocains sur le front
Le vent du capitalisme a soufflé sur toutes les strates de la société russe. Y compris le bunker de Staline à Moscou transformé en lieu de détente. Choses vues.

"Staline, réveille-toi ! ils sont devenus fous", s’est écrié, la voix nouée par l’émotion, Tariq Kabbage maire socialiste d’Agadir lorsqu’il a appris que le bunker de Joseph Staline (1879-1953) visité par des membres de la délégation marocaine qui a participé au Mitt 2006 (Salon du tourisme), est devenu autre chose qu’un musée dédié à sa mémoire. Un lieu de détente ouvert pour des soirées privées à des groupes touristiques étrangers triés sur le volet. Tout autour du souterrain, situé dans un quartier reculé de la capitale, une escouade d’agents de sécurité bien baraqués monte la garde.
Ironie du sort, le capitalisme, que Staline le communiste a passé sa vie à combattre, est passé aussi par là!
Ainsi en ont décidé, il y a trois ans, les autorités russes qui l’ont donné officiellement en concession à une société à capitaux arabes. En fait, la pompe à fric se trouve essentiellement dans un complexe commercial attenant au bunker composé de près de 4.000 boutiques louées entre 8.000 et 9.000 Dollars US par mois.
Décorés par S.M le Roi Mohammed VI lors de sa visite en Russie en 2002, deux jeunes ressortissants marocains de Khénifra, les frères Rachid et Karim Elaarabi (le premier exhibe une carte de visite de président de Dar Al Maghrib à Moscou), installés depuis plus d’une décennie en Russie, se disent associés dans ce projet dont ils parlent avec une fierté à peine dissimulée. Majestueux, l’endroit est effectivement chargé d’histoire surtout qu’une partie des objets et effets personnels de celui qui fut surnommé le “petit père des peuples“ est toujours exposée au regard du visiteur : portraits, jumelles, uniformes… Le bureau de Staline en bois massif où sont posés sa pipe et ses trois appareils téléphoniques noirs de l’époque. Dans un coin bien éclairé, trône sa statue de couleur blanche immaculée et presque au milieu de la salle le jeu de stratégie préféré de l’ex-maître des céans : le Mom que l’on joue à quatre. Construit sur une superficie de 146.000 m2 entre 1934 et 1939, composé d’autres dépendances dont une multitude de chambres, un sauna, une piscine et un passage souterrain qui mène directement au Kremlin, le bunker abrita également une véritable artillerie de guerre constituée de 150 tanks.“C’est cette grande force de dissuasion, capable de se déployer en plein centre de Moscou en moins de trois minutes, qui permit de repousser l’armée nazie, qui envahit Moscou en 1941, au-delà des frontières de la capitale“, explique fièrement une guide russe.
Habillés comme des jet-setteurs, droits dans leurs bottes, les deux frères Elaarabi sont comme un poisson dans l’eau aussi bien dans “leur“ forteresse qu’à Moscou. Le cadet, Karim, fait état de la bagatelle de 55 millions de Dollars comme prix de concession de l’ancien quartier général de Staline qui appartient toujours au ministère de la Défense russe. Plus impressionnant encore dans ce décor ex-communiste, la salle de réunion de Staline et de ses proches collaborateurs dont certaines parties ont subi quelques réaménagements pour la mettre dans l’esprit de l’époque actuelle.
Témoin de la culture du secret érigée en obsession par Staline, une espèce de cercle bien détaché au milieu de la salle autour duquel se réunissent en position debout Staline et son équipe. Ce cercle produit une résonance qui a ceci d’ingénieux qu’il ne permet pas à ceux qui sont au-delà du premier cercle de capter ne serait-ce qu’une bribe des paroles de Staline. Vestige d’une époque révolue, le drapeau de l’ex-URSS est encore visible dans un coin. Plus loin, deux statues, l’une montrant un homme russe enlaçant affectueusement une femme et l’autre deux militaires en train de discuter. Si Staline savait…
12:50 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc
vendredi, 24 mars 2006
« Majesté, je dois beaucoup à votre père... »
La promesse du parrain
« Majesté, je dois beaucoup à votre père et, si vous le souhaitez, tout ce qu'il m'a donné, je m'efforcerai de vous le rendre ». (...) Nous étions le dimanche 25 juillet 1999 au palais royal de Rabat, et le Maroc se préparait à enterrer Hassan II, décédé après trente-huit ans de règne absolu. (…) Maintenant, Mohammed VI savait pouvoir compter sur le président français. Jacques Chirac avait une dette à l'égard de son père. Il allait l'honorer en servant le fils. Ce que le jeune monarque ignorait, c'est que onze jours auparavant, à Paris où il était l'invité d'honneur aux cérémonies du 14 juillet, un Hassan II sentant approcher la mort avait confié à Chirac et ses enfants et son royaume. (...) Au cours d'un bref échange empreint d'émotion, il lui avait recommandé de veiller sur ses fils et filles, d'être le père qu'il ne serait plus, et d'aider le futur Mohammed VI dans son métier de roi lorsqu'il aurait quitté ce monde. Le président s'était engagé. « Majesté… Tout ce qu'il m'a donné, je m'efforcerai de vous le rendre. « La phrase n'était pas vraiment une surprise pour Mohammed VI. Plutôt la confirmation d'une promesse secrète. Quelques mois auparavant, alors qu'enflaient les rumeurs sur la mauvaise santé de Hassan II, le président Chirac avait en effet fait transmettre dans la plus grande discrétion par un proche du prince héritier un message écrit l'assurant que, lorsqu'il serait amené à monter sur le trône chérifien, la France serait son partenaire le plus ferme et lui, le président, son allié des bons et des mauvais jours ». (...)
Abdelfetah Frej, le caissier congédié
Un homme, un seul, eût été à même d'éclaircir le mystère : Abdelfetah Frej. Installé en Allemagne à l'abri du besoin pour avoir été longtemps le chef du secrétariat particulier de Hassan II, l'homme remâchait sa rancune à l'encontre de Mohammed VI qui l'avait congédié dans des conditions humiliantes. Frej, c'était le comptable du roi. Pas l'expert financier, mais le caissier. L'interlocuteur des banques françaises, britanniques, suisses ou espagnoles où Hassan II avait ouvert un compte. Celui qui, chaque année, présentait au monarque un document de quelques dizaines de feuillets : le bilan du patrimoine personnel du roi. Abdelfetah Frej savait tout, mais il ne voulait pas parler. "Pas encore", confiait-il à ses rares visiteurs. Dommage. Il est décédé en décembre 2005, emportant probablement avec lui les secrets du palais. (…) Entre Hassan II, le monarque chérifien hautain et calculateur, pro-occidental mais imprégné de culture arabe, et le gaulliste excité qui rêve de conquérir l'Elysée, quel est celui qui a le plus influencé l'autre ? Jacques Chirac a donné la réponse. Invité lors d'un colloque à évoquer la mémoire de son mentor, peu après la disparition du roi, il fait délivrer un message de reconnaissance par son représentant, l'ancien ambassadeur Michel de Bonnecorse : « Je dois (à Hassan II) une sorte d'initiation aux complexités et aux valeurs du monde arabe et musulman. Je lui dois des analyses visionnaires sur les drames mais aussi sur les chances de paix au Proche-Orient. Je lui dois une plus claire conscience des enjeux internationaux, du rôle de l'Europe en Méditerranée mais aussi ce que le monde attend de la France ». En revanche, jamais Hassan II n'a évoqué devant un tiers une quelconque dette à l'égard du président français. Il était exclu que le Commandeur des croyants se place en position de demandeur. (…)
Source: résumé par mes soins du livre : France-Maroc, une affaire de famille chez Albin Michel
01:25 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc
vendredi, 17 mars 2006
Management Participatif
L'idée du management participatif est en réalité une très vieille idée ... pour savoir plus cliquez par là management_participatif_benmezouara.doc
bonne lecture!!!
21:03 Publié dans Supply Chain | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Supply chain


