lundi, 05 juin 2006

Et oui y avait Les années Formule 1 au Maroc

Au début de l'indépendance, en 1958 précisément, Casablanca a connu son heure de gloire en matière de course automobile. A la Corniche, un circuit a abrité un grand prix de Formule 1. Les plus grands champions de l'époque étaient au départ.

Une foule en délire. Des gradins pleins à craquer. Des bolides assourdissants. Du bruit à n'en plus finir. Un directeur de course à la tenue rayée donnant le feu vert à des pilotes mondialement connus et insouciants, des techniciens nerveux au bord de l'arrêt cardiaque, des crissements de pneu, des chicanes, des paddocks… Tenez-vous bien,

nous ne sommes pas à Magny-Cours, Monza, Imola, ou Indianapolis, mais bien à Aïn Diab en…1958. Très peu de Marocains le savent mais oui, le Maroc a eu son Grand prix de Formule 1 devenant ainsi, le temps d'un week end, la capitale mondiale du sport automobile. “Et du sport tout court“ s'accordent à dire les rares témoins de l'époque, précisant que “le titre de champion du monde s'est disputé chez nous et a été incontestablement l'un des événements majeurs de l'année”.


1958 correspond aux premiers pas du Maroc indépendant. Le pays qui s'efforce de se rebâtir, veut également marquer sa présence dans le concert des nations. Et l'organisation d'un grand prix de Formule 1 a pour but d'y contribuer. Max Cohen Olivar, “Monsieur Sport automobile” au Maroc semble du même avis. “Qu'un pays nouvellement indépendant organise un événement de renommée mondiale le fait appartenir à la communauté internationale”. Mohammed El Zizi, organisateur de l'époque, voit en cette épreuve un service rendu au prestige du Maroc mais également “le plus remarquable outil de propagande touristique que l'on puisse imaginer”. 1958 est également une année pas comme les autres dans l'histoire de la Formule 1 : pour diminuer les performances des voitures, on utilise un nouveau carburant. La durée des grands prix est ramenée de trois à deux heures et l'échange des voitures est prohibé. Le journaliste Pierre Ménard parle lui “d'une saison qui restera dans les annales comme l'une des plus palpitantes mais également comme l'une des plus noires auxquelles il fut donné d'assister”. Elle est palpitante pour la lutte acharnée que se livrent pour le titre depuis le début de la saison deux des pilotes les plus doués de leur génération : Stirling Moss et Mike Hawthorn. Elle est aussi dramatique pour les morts qu'elle a causées. Trois grands pilotes dans la fleur de l'âge ont trouvé la mort cette année-là.

Casablanca voit affluer du jour au lendemain l'univers de la Formule 1 avec tout ce que cela comporte. A commencer par les participants à l'épreuve : les plus grands pilotes et constructeurs du moment ont répondu présent. Les médias : on parle de 200 journalistes, photographes et reporters de télévision. En plus des aficionados, surtout britanniques venus en masse, toute la Jet Set européenne et même new yorkaise s'est donné rendez- vous sur le circuit naturel de Aïn Diab. Ce même circuit, qu'on juge extrêmement rapide, sans grandes difficultés techniques mais dangereux quand même, surtout au coucher du soleil. (L'année précédente, les organisateurs, afin de le tester, y ont même organisé un grand prix hors championnat, mais les grands ténors de la discipline, atteints à ce moment-là du virus de la grippe asiatique, ont dû rester au lit.) Au jour J , en cette année 1958, l'ambiance est à son comble. La température agréable est accompagnée d'un air marin venu de l'Atlantique voisin. Le public qu'on estime à 100.000 personnes, ce qui est en soit une belle performance pour les organisateurs, est surexcité.

09:30 Publié dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : maroc

Commentaires

Salut Mohcine..

Je suis tombé sur ton blog par pur hasard et voilà que je te connais :P ... Eh oui le monde est petit...

Vas sur mon blog et tu sauras qui suis-je et n'oublies pas de m'envoyer ton msn.

Taher ALAMI (STAR)
http://www.monmaroc.com

Ecrit par : Taher ALAMI (STAR) | jeudi, 12 janvier 2006

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